Calculez votre taux de service et votre OTIF
Exportez de votre ERP les lignes de commande livrables sur la période (une semaine, un mois) : numéro de commande, quantité commandée, quantité livrée et écart en jours entre la date de livraison et la date promise. Les lignes déjà saisies sont celles de l’exemple ci-dessous.
Collez directement des colonnes copiées depuis Excel ou un export de votre ERP (séparateur point-virgule ou tabulation). Retard : 0 si livré à la date promise, négatif si en avance. 13 lignes lues.
Sur 13 lignes et 6 commandes, votre taux de service va de 50,0 % à 93,1 % selon la définition : précisez toujours laquelle vous publiez. 4 lignes sur 13 ne sont pas OTIF : 3 incomplètes, 2 en retard ou non livrées. Une seule ligne manquée suffit à faire sortir toute la commande de l’OTIF à la commande (33,3 %).
Les formules du taux de service, de l’OTD et de l’OTIF
| Indicateur | Formule | Nom anglais |
|---|---|---|
| Taux de service à la commande | Commandes livrées complètes ÷ commandes à livrer | Order fill rate |
| Taux de service à la ligne | Lignes livrées complètes ÷ lignes à livrer | Line fill rate |
| Taux de service en quantité | Unités livrées (plafonnées à la quantité commandée) ÷ unités commandées | Unit fill rate, case fill rate |
| OTD | Lignes livrées au plus tard à la date promise ÷ lignes à livrer | On Time Delivery |
| OTIF à la ligne | Lignes livrées à l’heure et complètes ÷ lignes à livrer | On Time In Full |
| OTIF à la commande | Commandes dont toutes les lignes sont à l’heure et complètes ÷ commandes à livrer | Perfect order (sans la condition de qualité) |
Chaque taux se multiplie par 100 pour l’exprimer en pourcentage. Le taux de rupture, souvent cité à côté, est le complément du taux de service : 1 − taux de service, avec la même définition (commande, ligne ou quantité).
L’OTIF ne se calcule pas en multipliant la ponctualité par la complétude : une même ligne peut être à la fois en retard et incomplète, et elle ne doit sortir qu’une fois. Il se compte ligne par ligne, ou commande par commande.
Un exemple chiffré : 6 commandes, 13 lignes
Un distributeur extrait les commandes à livrer d’une journée. Le retard est l’écart en jours entre la livraison et la date promise au client. Les deux dernières colonnes appliquent la règle la plus stricte : aucun jour de retard ni aucun écart de quantité toléré.
| Commande | Commandé | Livré | Retard (j) | Complète | À l’heure |
|---|---|---|---|---|---|
| C1 | 100 | 100 | 0 | oui | oui |
| C1 | 50 | 50 | 0 | oui | oui |
| C2 | 200 | 180 | 0 | non | oui |
| C2 | 40 | 40 | 0 | oui | oui |
| C3 | 120 | 120 | 2 | oui | non |
| C3 | 60 | 60 | 0 | oui | oui |
| C3 | 30 | 30 | 0 | oui | oui |
| C4 | 500 | 500 | 0 | oui | oui |
| C5 | 80 | 0 | 0 | non | non |
| C5 | 24 | 24 | 0 | oui | oui |
| C5 | 10 | 10 | 0 | oui | oui |
| C6 | 300 | 295 | 0 | non | oui |
| C6 | 15 | 15 | -1 | oui | oui |
- Taux de service en quantité : 1 529 unités commandées, 1 424 livrées (il manque 20 sur C2, 80 sur C5 et 5 sur C6). 1 424 ÷ 1 529 = 93,1 %.
- Taux de service à la ligne : 3 lignes sur 13 sont incomplètes. 10 ÷ 13 = 76,9 %.
- Taux de service à la commande : seules C1, C3 et C4 sont complètes. 3 ÷ 6 = 50,0 %.
- OTD : une ligne de C3 arrive avec 2 jours de retard et une ligne de C5 n’est pas livrée du tout. 11 ÷ 13 = 84,6 %.
- OTIF à la ligne : 4 lignes ratées (3 incomplètes, 1 en retard). 9 ÷ 13 = 69,2 %. Multiplier l’OTD par le taux de service à la ligne aurait donné 65,1 % : un chiffre faux.
- OTIF à la commande : seules C1 et C4 sont parfaites. 2 ÷ 6 = 33,3 %.
Les mêmes livraisons donnent donc un « taux de service » compris entre 33,3 % et 93,1 %. Le chiffre en quantité est le plus flatteur parce que la grosse ligne de C4 (500 unités, livrée complète) pèse lourd, et qu’un manque de 5 unités sur 300 compte à peine. Le client de C6, lui, a reçu une commande incomplète.
L’effet d’une tolérance de quantité
Avec une tolérance de 2 % sur les quantités (saisissez 2 dans le calculateur), les 295 unités livrées sur 300 de C6 passent pour complètes (écart de 1,7 %). Le taux de service à la ligne monte à 84,6 %, à la commande à 66,7 %, l’OTIF à la ligne à 76,9 % et l’OTIF à la commande à 50,0 %. Le taux de service en quantité ne bouge pas : il compte les unités, pas les lignes. Une tolérance change le résultat autant qu’une amélioration réelle : elle s’écrit dans le contrat, pas dans le calcul du mois.
Les règles à écrire avant de calculer
Deux entreprises qui livrent exactement pareil peuvent afficher des OTIF très différents : dans l’exemple, une simple tolérance de 2 % fait gagner 16,7 points à l’OTIF à la commande. Les choix qui font la différence :
- La date qui fait foi. Date demandée par le client ou date confirmée par vous ? Mesurer contre la date confirmée, que l’on peut décaler, donne un meilleur chiffre et une moins bonne idée de ce que vit le client.
- La fenêtre de livraison. À la date exacte, à J+1, dans un créneau horaire ? Et une livraison en avance compte-t-elle comme à l’heure ? Certains clients la refusent (quai saturé, stock non prévu). Le calculateur compte l’avance comme à l’heure.
- Le lieu de mesure. Départ de votre entrepôt (expédié à l’heure) ou réception chez le client (livré à l’heure) ? Le second inclut le transport et demande les preuves de livraison.
- Les reliquats. Une ligne livrée en deux fois est complète à la date du dernier envoi, donc souvent en retard. Ne pas la compter deux fois.
- Les sur-livraisons. 110 unités pour 100 commandées : complète ou non ? Le calculateur applique la tolérance dans les deux sens et plafonne le taux en quantité à la quantité commandée, pour qu’un surplus ne compense pas un manque ailleurs.
- Les refus et les retours. Une ligne refusée à la réception pour un défaut ou une erreur d’article est livrée, mais pas « in full » du point de vue du client.
- Les exclusions. Commandes annulées, décalées à la demande du client, bloquées pour encours : les retirer du dénominateur, et les compter à part pour vérifier qu’elles ne servent pas à cacher des retards.
Comment lire le résultat
- Comparez des définitions identiques. Un taux de service en quantité de 97 % et un OTIF à la commande de 80 % peuvent décrire les mêmes livraisons. Avant de comparer deux sites, deux fournisseurs ou deux années, vérifiez la définition et les tolérances.
- L’écart entre OTD et OTIF dit où chercher. OTD bas : transport, départs manqués, délais promis trop courts. Taux de service bas avec un OTD correct : ruptures, erreurs de préparation, prévisions.
- L’écart entre ligne et commande dit la taille des commandes. Plus une commande a de lignes, plus il est difficile qu’elles soient toutes parfaites : l’OTIF à la commande d’un distributeur multi-références est mécaniquement plus bas que celui d’un industriel qui livre un seul article par commande.
- Le bon objectif est contractuel. Il n’existe pas de moyenne sectorielle publique et sourcée pour la France. Les grands distributeurs fixent le leur : Walmart exige 98 % d’OTIF de ses fournisseurs depuis le 15 septembre 2020, avec une pénalité de 3 % du coût des marchandises en cas de manquement. Son seuil était de 85 % avant 2019, porté ensuite à 95 % pour les produits non alimentaires et 97,5 % pour l’alimentaire.
- Suivez la tendance et les causes. Un OTIF seul ne dit pas quoi faire. Classé par cause (rupture, préparation, transport, client), par client et par article, il désigne les quelques lignes qui font l’essentiel des manques.
Les erreurs fréquentes
- Publier un « taux de service » sans dire lequel. Dans l’exemple, le même jour vaut 50,0 %, 76,9 % ou 93,1 %.
- Multiplier OTD × complétude. Le produit suppose que retards et manques tombent sur des lignes indépendantes les unes des autres, ce qui est rarement le cas (une ligne non livrée est à la fois en retard et incomplète) : dans l’exemple, il donne 65,1 % au lieu de 69,2 %.
- Laisser les sur-livraisons compenser les manques. 120 unités livrées sur une ligne et 80 sur une autre ne font pas 100 % de service.
- Mesurer contre une date promise modifiable. Si la date confirmée est recalée à chaque retard, l’OTIF reste à 100 % pendant que le client attend.
- Oublier les lignes jamais livrées. Une extraction des seules livraisons de la période ignore les commandes restées en souffrance : partez des lignes dues sur la période, pas des lignes expédiées.
- Calculer à la main dans un tableur chaque mois. Les règles changent d’un mois à l’autre selon la personne qui fait le calcul, et la comparaison dans le temps n’a plus de sens.
Suivre le taux de service et l’OTIF chaque semaine, sans les recalculer
Ces taux bougent chaque semaine. Suivez-les automatiquement dans un tableau de bord Power BI branché sur votre ERP et votre WMS : OTIF à la ligne et à la commande, taux de service, OTD, avec les lignes ratées classées par cause, par client et par transporteur, et des règles de calcul écrites une fois pour toutes. Le détail des indicateurs et un calculateur sur données agrégées se trouvent dans le guide Tableau de bord logistique ; pour placer l’OTIF parmi les indicateurs de la direction, voir le tableau de bord de gestion.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’OTIF ?
OTIF signifie On Time In Full, « à l’heure et complet » en français. C’est la part des commandes, ou des lignes de commande, livrées à la date promise et dans la quantité commandée. Une livraison à l’heure mais incomplète, ou complète mais en retard, n’est pas OTIF. On le rencontre aussi sous le nom DIFOT (Delivered In Full On Time).
Comment calculer l’OTIF ?
OTIF = lignes (ou commandes) livrées à l’heure et complètes ÷ lignes (ou commandes) à livrer sur la période × 100. Exemple : sur 13 lignes, 4 sont en retard, incomplètes ou non livrées ; l’OTIF à la ligne est de 9 ÷ 13 = 69,2 %. Sur les 6 commandes correspondantes, 2 seulement sont parfaites : l’OTIF à la commande est de 33,3 %.
Comment calculer le taux de service logistique ?
Il existe trois définitions. À la commande : commandes livrées complètes ÷ commandes. À la ligne : lignes livrées complètes ÷ lignes. En quantité (fill rate) : unités livrées ÷ unités commandées. Sur le même exemple de 6 commandes, elles donnent 50,0 %, 76,9 % et 93,1 %. Il faut donc toujours dire laquelle on utilise.
Quelle différence entre OTIF et taux de service ?
Le taux de service ne regarde que les quantités : une commande livrée complète avec trois jours de retard compte comme servie. L’OTIF ajoute la condition de date. À définition égale (commande ou ligne), l’OTIF est donc toujours inférieur ou égal au taux de service.
Quelle est la différence entre l’OTD et l’OTIF ?
L’OTD (On Time Delivery) ne mesure que la ponctualité : la part des livraisons arrivées à la date promise, complètes ou non. L’OTIF ajoute la complétude. Un OTD élevé avec un OTIF bas signale des ruptures ou des erreurs de préparation plutôt qu’un problème de transport.
Comment calculer l’OTD ?
OTD = lignes livrées au plus tard à la date promise (tolérance comprise) ÷ lignes à livrer × 100. Une ligne non livrée compte comme en retard. Dans l’exemple, 11 lignes sur 13 sont à l’heure : l’OTD est de 84,6 %.
Qu’est-ce qu’un bon OTIF ?
Il n’existe pas de référentiel public qui donne un OTIF moyen par secteur en France : les chiffres de 95 % que l’on lit souvent ne sont pas sourcés. Le repère le plus connu est une exigence client, celle de Walmart : 98 % depuis le 15 septembre 2020, sous peine d’une pénalité de 3 % du coût des marchandises. Le bon objectif est celui de vos contrats, mesuré avec leur définition.
OTIF à la ligne ou à la commande : lequel choisir ?
L’OTIF à la commande correspond à ce que vit le client : une commande avec une ligne manquante est une commande ratée. L’OTIF à la ligne est plus stable et désigne plus facilement les articles en cause. Les deux se suivent ensemble ; celui que vous publiez à vos clients doit être celui de leur contrat.
Autres calculateurs gratuits : BFR et rotation des stocks, TRS et seuil de rentabilité.
