Calculez votre budget mensuel et votre plan de trésorerie
Ce calculateur s’adresse à une entreprise en activité, qui connaît son chiffre d’affaires, sa marge et ses charges de l’an dernier. Saisissez le budget de l’année, le profil de saisonnalité le plus proche du vôtre, vos délais de paiement, puis le réalisé à date : il en tire le budget mois par mois, le plan de trésorerie, le point bas et l’atterrissage de l’année. Les valeurs déjà saisies sont celles d’une PME industrielle fictive de 12 M€ de chiffre d’affaires.
La trésorerie reste positive toute l’année. Son point bas, 82 k€ fin novembre, est le chiffre à surveiller : c’est la marge de sécurité de l’année. À fin septembre, le chiffre d’affaires est en retard de 250 k€ sur le budget ; si les mois restants tiennent le budget, l’année atterrit à 11 750 k€ de CA et 502 k€ de résultat.
| Mois | CA HT | Résultat | Encaissements | Décaissements | Trésorerie fin de mois |
|---|---|---|---|---|---|
| janvier | 1 000 k€ | 50 k€ | 1 380 k€ | 1 313 k€ | 217 k€ |
| février | 1 000 k€ | 50 k€ | 1 375 k€ | 1 247 k€ | 345 k€ |
| mars | 1 100 k€ | 95 k€ | 1 200 k€ | 1 200 k€ | 345 k€ |
| avril | 1 000 k€ | 50 k€ | 1 203 k€ | 1 243 k€ | 305 k€ |
| mai | 950 k€ | 28 k€ | 1 317 k€ | 1 232 k€ | 390 k€ |
| juin | 1 100 k€ | 95 k€ | 1 198 k€ | 1 178 k€ | 410 k€ |
| juillet | 900 k€ | 5 k€ | 1 145 k€ | 1 228 k€ | 328 k€ |
| août | 450 k€ | −198 k€ | 1 313 k€ | 1 188 k€ | 453 k€ |
| septembre | 1 050 k€ | 72 k€ | 1 065 k€ | 930 k€ | 588 k€ |
| octobre | 1 150 k€ | 117 k€ | 560 k€ | 1 048 k€ | 100 k€ |
| novembre | 1 150 k€ | 117 k€ | 1 263 k€ | 1 281 k€ | 82 k€ |
| décembre | 1 150 k€ | 117 k€ | 1 380 k€ | 1 313 k€ | 150 k€ |
Hypothèses du calcul : l’année précédente a suivi le même rythme (les encaissements de janvier viennent des ventes de novembre et décembre) ; TVA exigible à la livraison (règle des ventes de biens selon service-public.fr), reversée le mois suivant ; salaires et charges sociales payés dans le mois ; autres charges payées comptant et soumises à la TVA ; remboursements d’emprunt et investissements étalés sur douze mois. Les profils de saisonnalité sont des exemples, pas des moyennes sectorielles.
Comment faire un budget prévisionnel quand l’entreprise tourne déjà
Les guides les mieux classés sur le sujet s’adressent au créateur d’entreprise, qui part d’une étude de marché. Une PME en activité a mieux : douze mois d’historique. La méthode en découle.
- Partir du réalisé des douze derniers mois, mois par mois. C’est lui qui donne la saisonnalité, le taux de marge réel et le niveau des charges fixes.
- Budgéter le chiffre d’affaires par activité ou par grand client, en volume et en prix, puis le répartir sur les mois selon la saisonnalité observée, pas en douzièmes.
- En déduire les achats par le taux de marge (ou de consommation) de chaque activité, puis ajouter les charges fixes : personnel avec les embauches prévues et leur mois d’arrivée, loyers, énergie, sous-traitance, honoraires.
- Traduire le budget en plan de trésorerie : passer en TTC, décaler chaque vente du délai client et chaque achat du délai fournisseur, ajouter la TVA à reverser, les remboursements d’emprunt, les investissements et l’impôt.
- Comparer au réalisé chaque mois et recalculer l’atterrissage : le budget ne change pas en cours d’année, la prévision si.
Les formules du budget et du plan de trésorerie
| Ligne | Formule | Où trouver les chiffres |
|---|---|---|
| CA du mois | CA annuel budgété × poids du mois (saisonnalité) | CA mensuel des douze derniers mois (comptes 70) |
| Résultat du mois | CA − achats consommés − personnel − autres charges | Comptes 60 à 64, balance mensuelle |
| Encaissements | CA TTC des mois précédents, décalé du délai client | DSO ou balance âgée clients |
| Décaissements | Achats TTC décalés du délai fournisseur + salaires + autres charges TTC + TVA à reverser + emprunts et investissements | Balance fournisseurs, paie, échéanciers d’emprunt |
| TVA à reverser | (TVA collectée − TVA déductible) du mois précédent | Déclarations CA3 |
| Trésorerie de fin de mois | Trésorerie de début + encaissements − décaissements | Relevés bancaires (compte 512) |
| Écart budgétaire | Réalisé cumulé − budget cumulé, à la même date | Balance de clôture du mois + budget |
| Atterrissage | Réalisé à date + budget des mois restants | Les deux précédents |
Le calculateur convertit un délai de paiement en mois (choix de modélisation, pas une norme) : 60 jours valent 60 ÷ 30,4 = 1,97 mois. Une vente d’août est donc encaissée à 97 % en octobre et à 3 % fin septembre ; le calculateur répartit chaque mois de cette façon.
D’où viennent ces définitions : selon Bpifrance Création, le compte de résultat présente le résultat net, différence entre les produits et les charges, et le plan de trésorerie inscrit chaque montant TTC dans le mois où il doit se produire, pour suivre le solde du mois et le solde cumulé. Les numéros de comptes sont ceux du Plan comptable général (règlement ANC n° 2014-03) : 60 Achats, 64 Charges de personnel, 70 Ventes, 401 Fournisseurs, 411 Clients, 44551 TVA à décaisser, 512 Banques. La TVA à reverser suit les règles de service-public.fr (voir les repères plus bas). L’écart budgétaire et l’atterrissage, eux, n’ont pas de définition officielle : ce sont des pratiques de contrôle de gestion.
Un exemple chiffré : le creux d’août qui se paie en octobre
Une PME industrielle budgète 12 000 k€ de chiffre d’affaires HT. Ses achats consommés font 55 % du CA, ses salaires et charges sociales 3 000 k€ par an, ses autres charges fixes 1 800 k€. Elle rembourse 600 k€ d’emprunts et d’investissements dans l’année. Ses clients paient à 60 jours, ses fournisseurs sont payés à 45 jours, la TVA est à 20 %, et elle démarre l’année avec 150 k€ en banque. L’usine ferme trois semaines en août : le CA d’août ne vaut que 45 % d’un mois normal.
- Résultat budgété : 12 000 × (1 − 55 %) − 3 000 − 1 800 = 600 k€, soit 5,0 % du CA.
- Août : 12 000 × 0,45 ÷ 12 = 450 k€ de CA. Les charges fixes, elles, ne baissent pas (250 k€ de personnel et 150 k€ d’autres charges par mois) : le mois perd 198 k€.
- Octobre : à 60 jours, les ventes d’août rentrent maintenant. Encaissements : 97 % de 540 k€ TTC (août) plus 3 % de 1 260 k€ TTC (septembre) = 560 k€, face à 1 048 k€ de décaissements. La trésorerie chute de 588 à 100 k€.
- Point bas : 82 k€ fin novembre, alors que le mois d’août lui-même avait vu la trésorerie monter (les ventes de juin rentraient).
- Fin d’année : 150 k€, comme au 1er janvier. Les 600 k€ de résultat ont servi à rembourser les 600 k€ d’emprunts et d’investissements.
La leçon tient en une phrase : un mois creux pèse sur la trésorerie un délai client plus tard. Le budget en HT annonçait une année rentable et ne voyait rien venir ; seul le plan de trésorerie montre le passage serré d’octobre-novembre, à prévoir dès janvier avec la banque.
Budget contre réalisé : l’écart et l’atterrissage
Fin septembre, l’entreprise de l’exemple a clôturé neuf mois. Le budget cumulé de janvier à septembre prévoyait 8 550 k€ de chiffre d’affaires et 247,5 k€ de résultat. La comptabilité affiche 8 300 k€ de CA et 8 150 k€ de charges, soit 150 k€ de résultat.
- Écart de chiffre d’affaires : 8 300 − 8 550 = −250 k€, soit −2,9 % du budget à date.
- Écart de résultat : 150 − 247,5 = −97,5 k€. Le résultat baisse moins que le CA parce que les achats ont suivi les ventes à la baisse.
- Atterrissage : les trois derniers mois sont budgétés à 3 450 k€ de CA et 352,5 k€ de résultat. Si le budget est tenu d’ici décembre, l’année finit à 11 750 k€ de CA et 502,5 k€ de résultat, au lieu de 600.
L’atterrissage est le chiffre que la direction demande en octobre : il ne remplace pas le budget (qui reste la référence de l’année) mais dit, à chaque clôture, où l’on va finir. Quand le retard se confirme deux ou trois mois de suite, on refait une prévision des mois restants plutôt que de supposer qu’ils tiendront le budget.
Expliquer un écart
En contrôle de gestion, un écart de chiffre d’affaires se décompose usuellement en effet volume (moins d’unités vendues), effet prix (remises, hausses non passées) et effet mix (plus de produits à faible marge). Un écart de charges se lit poste par poste, en séparant ce qui suit l’activité (achats, sous-traitance, transport) de ce qui n’en dépend pas (personnel, loyers). Aucun texte officiel (ANC, AFNOR) ne normalise ces calculs ni l’atterrissage : ce sont des pratiques de gestion, à définir par écrit dans l’entreprise pour que chacun calcule pareil.
Comment lire le résultat
- Le point bas compte plus que la trésorerie de fin d’année. Une année qui finit au même niveau qu’elle a commencé peut passer par un mois très tendu : c’est ce mois-là qui décide du découvert à négocier.
- Un résultat positif ne garantit pas une trésorerie positive. Croissance (le BFR grossit avec le CA), saisonnalité, délais clients longs et remboursements d’emprunt consomment de la trésorerie sans toucher le résultat.
- Dans le calculateur, la trésorerie varie sur douze mois du résultat avant impôt moins les remboursements et investissements, parce qu’il suppose le même rythme d’activité d’une année sur l’autre. Si l’activité croît, le BFR supplémentaire vient en déduction.
- Un écart de chiffre d’affaires à date se lit avec l’écart de résultat. −3 % de CA avec un résultat tenu signale des charges maîtrisées ; −3 % de CA et −40 % de résultat, des charges fixes qui n’ont pas suivi.
- L’atterrissage suppose que les mois restants tiennent le budget. Si l’écart vient d’une tendance (un client perdu, une hausse de prix refusée), il se prolongera : refaites la prévision des mois restants.
Les repères à respecter dans un plan de trésorerie
Il n’existe pas de statistique publique fiable sur l’écart moyen entre budget et réalisé des PME françaises : la bonne référence reste votre propre historique (budget de l’an dernier contre réalisé). En revanche, deux règles fixent le calendrier de certains flux, et un plan de trésorerie qui les ignore se trompe de mois.
- Délais de paiement entre professionnels. À défaut d’accord, 30 jours après la réception de la marchandise ou l’exécution de la prestation. Les parties peuvent convenir de 60 jours à compter de la date de la facture, ou de 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit (45 jours pour les factures périodiques). Un délai client budgété au-delà suppose des retards.
- TVA au régime réel normal. La déclaration est mensuelle, déposée entre le 15 et le 24 du mois suivant, et le paiement se fait avec elle (trimestrielle si la TVA due dans l’année est inférieure à 4 000 €). La TVA est exigible à la livraison pour les biens, à l’encaissement pour les prestations de services : un prestataire de services la reverse donc après avoir été payé.
- Saisie en TTC, au mois réel du flux. Bpifrance Création le rappelle pour le plan de trésorerie : chaque montant soumis à la TVA s’inscrit TTC, dans le mois où il sera effectivement encaissé ou payé.
Les erreurs fréquentes
- Diviser le budget annuel par douze. C’est l’erreur qui cache le point bas : sans saisonnalité, l’exemple de cette page ne voit jamais le creux d’octobre-novembre. Répartissez le CA selon les mois de l’an dernier.
- Mélanger HT et TTC. Le budget est en HT, le plan de trésorerie en TTC. Oublier la TVA sous-estime les flux de 20 %, et oublier qu’elle se reverse le mois suivant fausse chaque mois.
- Inscrire les ventes au mois de la facture dans le plan de trésorerie. Une vente se compte au mois où le client paie, selon son délai réel (celui de la balance âgée), pas selon les conditions générales de vente.
- Oublier les flux qui ne sont pas des charges. Remboursements du capital des emprunts, investissements, acomptes d’impôt sur les sociétés, dividendes : ils sortent de la banque sans passer par le résultat d’exploitation.
- Ne jamais confronter le budget au réalisé. Un budget qu’on ne compare pas chaque mois au réalisé ne sert qu’à la banque en janvier. La valeur est dans l’écart, lu tôt.
- Réécrire le budget en cours d’année. Le budget reste la référence ; c’est la prévision (l’atterrissage) qui bouge. Sinon, plus aucun écart n’est mesurable.
Suivre le budget contre le réalisé chaque mois, sans ressaisie
Ce calcul se refait à chaque clôture. Dans un tableau de bord Power BI branché sur votre comptabilité, le réalisé arrive seul et se compare au budget ligne par ligne, avec l’écart, l’atterrissage et la trésorerie prévue. Le détail se trouve dans le guide Tableau de bord financier, et la vue de direction (CA face à l’objectif, point bas de trésorerie) dans le guide Tableau de bord de gestion.
Questions fréquentes
Comment faire un budget prévisionnel ?
En partant du réalisé des douze derniers mois, et non d’une page blanche : chiffre d’affaires mois par mois (pour garder la saisonnalité), taux de marge, puis charges de personnel et autres charges fixes. On y ajoute ce qui change l’an prochain (embauches, hausses de prix, nouveau client, investissements). Le budget se fait en HT, mois par mois, et se traduit ensuite en plan de trésorerie TTC, au mois où chaque flux est encaissé ou payé.
Quels sont les 3 types de budget ?
Le budget d’exploitation (ventes, achats, personnel, frais généraux : il donne le résultat prévu), le budget d’investissement (machines, locaux, logiciels et leur financement) et le budget de trésorerie, qui traduit les deux premiers en encaissements et décaissements mois par mois. Cette classification est celle de l’usage en contrôle de gestion ; aucun texte officiel ne la fixe. Le calculateur de cette page couvre le premier et le troisième.
Quelle différence entre budget prévisionnel et plan de trésorerie ?
Le budget raisonne en charges et produits HT, au mois où ils sont facturés : il dit si l’année sera rentable. Le plan de trésorerie raisonne en flux TTC, au mois où l’argent entre ou sort : il dit si la banque tiendra. Une entreprise rentable peut manquer de trésorerie quand ses clients paient à 60 jours, que la TVA se reverse le mois suivant ou qu’un mois creux se paie deux mois plus tard.
Quels sont les tableaux composant le prévisionnel financier ?
Selon Bpifrance Création, le business plan financier repose sur quatre tableaux principaux : le plan de financement initial, le compte de résultat prévisionnel sur trois ans, le plan de financement prévisionnel sur trois ans et le plan de trésorerie. On parle souvent de « trois tableaux » en regroupant les deux plans de financement. Pour une PME en activité, le budget de l’année (son compte de résultat prévisionnel) et le plan de trésorerie mensuel sont les deux qui servent à piloter.
Quels sont les 3 types de flux de trésorerie ?
Selon le règlement ANC n° 2020-01 (article 282-41), le tableau des flux de trésorerie classe les entrées et sorties de disponibilités « selon leur lien à l’activité, à l’investissement et au financement » : flux d’exploitation (clients, fournisseurs, salaires, TVA, impôts), flux d’investissement (acquisition et cession d’actifs à long terme) et flux de financement (capitaux propres et emprunts). Pour les comptes individuels, le Plan comptable général le rend facultatif (article 811-6). Le plan de trésorerie de cette page les regroupe en encaissements et décaissements, avec les remboursements d’emprunt et les investissements sur une ligne à part.
Comment suivre un budget contre le réalisé ?
Chaque mois, après la clôture : réalisé du mois et cumul à date face au budget, ligne par ligne, avec l’écart en euros et en pourcentage. Puis l’atterrissage : réalisé à date + budget des mois restants, qui dit où l’année finira si rien ne change. L’usage en contrôle de gestion est d’expliquer un écart en volume, en prix ou en mix (aucun texte officiel ne normalise ces calculs) ; un budget qu’on ne compare jamais au réalisé ne sert qu’une fois.
Qui établit le budget prévisionnel ?
Dans une PME, le dirigeant ou le DAF, avec le contrôleur de gestion quand il y en a un, et l’expert-comptable en appui. Les responsables commerciaux, achats et production donnent leurs hypothèses (volumes, prix, embauches) : un budget fait seul par la finance est rarement tenu par ceux qui doivent le réaliser.
Peut-on faire son budget prévisionnel sur Excel ?
Oui : douze colonnes de mois, une ligne par poste, une colonne réalisé. La limite vient avec le suivi : chaque mois, il faut ressaisir ou recoller le réalisé depuis la comptabilité, et le fichier se dédouble. Brancher le budget sur la comptabilité dans Power BI supprime cette ressaisie : le réalisé arrive seul, le budget reste dans son fichier.
Autres calculateurs gratuits : calcul du BFR (combien de trésorerie libère un jour de délai client gagné) et seuil de rentabilité (le mois où l’année devient rentable).
