Calculez votre EBE et vos soldes intermédiaires de gestion
Reprenez les soldes des comptes de classe 6 et 7 de votre balance, pour une même période : un mois, un trimestre ou l’exercice. Chaque champ indique les comptes du plan comptable général à additionner. Les variations de stock se saisissent comme dans la balance : stock de début moins stock de fin, positif quand le stock baisse, négatif quand il monte. Les valeurs déjà saisies sont celles d’un mois d’une PME fictive de 1 000 k€ de chiffre d’affaires mensuel, à la fois négociante et fabricante.
L’EBE de la période atteint 120 k€, soit 12,0 % du chiffre d’affaires et 27,9 % de la valeur ajoutée. Les charges de personnel absorbent 69,8 % de la valeur ajoutée.
| Solde | k€ | % CA |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires (707 + production vendue) | 1 000 | 100,0 % |
| Marge commerciale | 100 | 10,0 % |
| Production de l’exercice | 720 | 72,0 % |
| Consommations en provenance de tiers | −390 | −39,0 % |
| Valeur ajoutée | 430 | 43,0 % |
| Excédent brut d’exploitation (EBE) | 120 | 12,0 % |
| Résultat d’exploitation | 84 | 8,4 % |
| Résultat financier | −8 | −0,8 % |
| Résultat courant avant impôts | 76 | 7,6 % |
| Résultat exceptionnel | −2 | −0,2 % |
| Résultat net | 56 | 5,6 % |
Les formules des soldes intermédiaires de gestion, compte par compte
| Solde | Formule | Comptes du PCG |
|---|---|---|
| Marge commerciale | Ventes de marchandises − (achats de marchandises ± variation de stock de marchandises) | 707 − (607 + 6037) |
| Production de l’exercice | Production vendue + production stockée + production immobilisée | 701 à 706 et 708, 713, 72 |
| Valeur ajoutée | Marge commerciale + production − consommations en provenance de tiers | Consommations : 601, 602, 6031, 6032, 604 à 606, 61, 62 |
| Excédent brut d’exploitation | Valeur ajoutée + subventions d’exploitation − impôts et taxes − charges de personnel | + 74 − 63 − 64 |
| Résultat d’exploitation | EBE + reprises + autres produits − dotations − autres charges de gestion courante | + 781 + 75 − 681 − 65 |
| Résultat courant avant impôts | Résultat d’exploitation + produits financiers − charges financières | + 76 et 786 − 66 et 686 |
| Résultat exceptionnel | Produits exceptionnels − charges exceptionnelles | 77 et 787 − 67 et 687 |
| Résultat net | Résultat courant + résultat exceptionnel − participation − impôt sur les bénéfices | − 691 − 695 à 698 |
L’EBE se calcule aussi directement depuis le chiffre d’affaires : chiffre d’affaires − achats consommés − autres achats et charges externes + production stockée et immobilisée + subventions d’exploitation − impôts et taxes − charges de personnel. Les deux chemins donnent le même résultat. Le chemin inverse, depuis le résultat net, consiste à rajouter tout ce qui se trouve sous l’EBE : impôt, participation, résultat exceptionnel, résultat financier, dotations et autres charges, et à retirer les reprises et autres produits.
Ce qui a changé en 2025 avec le nouveau plan comptable
Le règlement ANC n° 2022-06, applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, a supprimé les comptes de transferts de charges (791, 796 et 797). La formule classique du résultat d’exploitation, « EBE + reprises et transferts de charges… », perd donc son deuxième terme : une charge refacturée ou remboursée vient désormais en diminution du compte de charge d’origine. Le même règlement réserve le résultat exceptionnel aux produits et charges « directement liés à un événement majeur et inhabituel » (article 513-5 du plan comptable général) ; le reste remonte en exploitation, y compris les cessions d’immobilisations (comptes 757 et 657). Un EBE 2025 se compare donc avec prudence à un EBE 2024 calculé selon les anciennes règles.
EBE et EBITDA : la même idée, pas tout à fait le même chiffre
L’EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization) est l’indicateur anglo-saxon le plus proche de l’EBE. Il n’a pas de définition dans le plan comptable français, et chaque banque, fonds ou contrat de prêt peut le définir à sa façon. La version la plus courante part du résultat d’exploitation :
- EBITDA ≈ résultat d’exploitation + dotations aux amortissements et provisions − reprises ;
- ce qui revient à EBE + autres produits de gestion courante (75) − autres charges de gestion courante (65).
L’écart tient donc aux redevances, pertes sur créances irrécouvrables, rémunérations des administrateurs et autres éléments des comptes 65 et 75 : souvent faible dans une PME (119 k€ d’EBITDA pour 120 k€ d’EBE dans l’exemple). Attention toutefois : depuis 2025, le plan comptable range aussi dans ces comptes les cessions d’immobilisations (757 pour le prix de cession, 657 pour la valeur comptable des biens cédés) ; l’année d’une grosse cession, l’écart peut devenir important. Deux différences comptent davantage en pratique : dans les comptes en normes IFRS, les loyers de location sont remplacés par des amortissements et des intérêts (norme IFRS 16), ce qui gonfle l’EBITDA ; et un covenant bancaire dit toujours quelle définition s’applique. Avant de comparer un EBITDA à un autre, lisez sa définition.
Un exemple chiffré : un mois de la PME des valeurs par défaut
En octobre, une PME vend 300 k€ de marchandises et 700 k€ de sa propre production : 1 000 k€ de chiffre d’affaires. Sa balance du mois donne les autres postes saisis dans le calculateur.
- Marge commerciale : 300 − (190 d’achats + 10 de baisse du stock de marchandises) = 100 k€.
- Production de l’exercice : 700 vendus + 15 stockés + 5 immobilisés = 720 k€.
- Consommations en provenance de tiers : 260 d’achats de matières − 10 de hausse du stock de matières + 140 de charges externes = 390 k€.
- Valeur ajoutée : 100 + 720 − 390 = 430 k€.
- EBE : 430 + 5 de subventions − 15 d’impôts et taxes − 300 de charges de personnel = 120 k€, soit 12,0 % du chiffre d’affaires et 27,9 % de la valeur ajoutée.
- Résultat d’exploitation : 120 + 5 de reprises + 2 d’autres produits − 40 de dotations − 3 d’autres charges = 84 k€.
- Résultat courant avant impôts : 84 + 1 − 9 de résultat financier = 76 k€.
- Résultat net : 76 − 2 de résultat exceptionnel − 18 d’impôt estimé = 56 k€, soit 5,6 % du chiffre d’affaires.
Lecture : les charges de personnel absorbent 69,8 % de la valeur ajoutée, et les dotations aux amortissements un tiers de l’EBE. C’est une entreprise de main-d’œuvre avec un outil industriel à renouveler : c’est sur la valeur ajoutée par salarié qu’elle se pilote.
L’EBE du mois, sans attendre le bilan
La plaquette annuelle arrive plusieurs mois après la clôture : trop tard pour corriger quoi que ce soit. Or l’EBE se calcule dès que la balance du mois est passée, à condition de traiter quatre points qui n’existent pas dans un bilan :
- Les charges annuelles : assurances, taxes foncière et CFE, honoraires annuels, primes. Passées en une fois, elles écrasent un mois et flattent les onze autres. Étalez-les par douzièmes.
- Les stocks : sans inventaire mensuel, la variation de stock est à zéro et la marge du mois ne veut rien dire. Prenez la valorisation de l’ERP (inventaire permanent) ou, à défaut, estimez le coût des ventes avec le taux de marge habituel.
- Les congés payés et les primes : provisionnez-les chaque mois dans les charges de personnel, sinon l’EBE de juillet et de décembre décroche.
- Les factures non parvenues et à établir (comptes 408 et 418) : une livraison reçue non facturée est une charge du mois, une prestation faite non facturée un produit du mois.
Les dotations aux amortissements se passent elles aussi par douzièmes : elles ne touchent pas l’EBE, mais elles faussent le résultat d’exploitation du mois si elles n’arrivent qu’à la clôture. L’EBE mensuel ne remplace pas les comptes annuels ; il donne la tendance à temps.
Comment lire le résultat
- L’EBE est le résultat de l’exploitation avant l’outil et le financement. Il ne dépend ni des amortissements, ni des intérêts, ni de l’impôt : c’est le chiffre qui compare deux exercices, ou deux entreprises, aux choix de financement différents.
- Le taux de marge (EBE ÷ valeur ajoutée) dit qui se partage la richesse créée. Ce qui ne va pas à l’EBE va aux salariés (charges de personnel) et à l’État (impôts et taxes). C’est l’indicateur que suivent l’INSEE et la Banque de France.
- L’EBE ÷ chiffre d’affaires mesure la rentabilité de chaque euro vendu. Il varie énormément selon le métier : un négociant à faible valeur ajoutée aura un ratio bas même très bien géré.
- L’EBE n’est pas de la trésorerie. La trésorerie d’exploitation, c’est l’EBE moins la hausse du besoin en fonds de roulement. Un EBE positif avec des clients qui paient de plus en plus tard peut vider le compte en banque.
- Un EBE en baisse se lit en remontant la cascade. Valeur ajoutée en baisse : problème de marge ou de prix. Valeur ajoutée stable mais EBE en baisse : masse salariale ou impôts.
Repères par secteur : le taux de marge publié par l’INSEE
L’INSEE ne publie pas de ratio EBE ÷ chiffre d’affaires par secteur, mais le taux de marge : EBE ÷ valeur ajoutée au coût des facteurs, proche du taux « EBE ÷ valeur ajoutée » du calculateur. Pour 2023, sur les entreprises marchandes non agricoles et non financières :
| Périmètre (2023) | Taux de marge |
|---|---|
| Ensemble (taux global) | 28,3 % |
| PME (taux global) | 21,1 % |
| ETI (taux global) | 27,1 % |
| Grandes entreprises (taux global) | 35,4 % |
| PME employeuses, médiane | 16,6 % |
| Commerce, médiane | 19,6 % |
| Industrie, médiane | 17,5 % |
| Construction, médiane | 15,6 % |
| Transport et entreposage, médiane | 15,3 % |
| Services aux entreprises, médiane | 14,3 % |
| Hébergement-restauration, médiane | 14,2 % |
Le taux global pèse chaque entreprise selon sa taille ; la médiane dit que la moitié des entreprises font mieux, l’autre moitié moins bien. Pour une PME, c’est la médiane de son secteur qui sert de repère. Plus récent mais plus large, le taux de marge de l’ensemble des sociétés non financières s’établit à 31,5 % au deuxième trimestre 2026. Dans l’exemple de cette page, 27,9 % place la PME au-dessus de la médiane de l’industrie.
Les erreurs fréquentes
- Oublier la variation de stock. Des achats de marchandises qui partent en stock ne sont pas une charge du mois. Sans variation de stock, la marge commerciale et l’EBE suivent le rythme des achats, pas celui des ventes.
- Inverser le signe de la variation de stock. En comptabilité, la variation se calcule stock de début moins stock de fin : un stock qui augmente donne une variation négative, qui réduit les achats consommés.
- Compter les dotations dans l’EBE. Les dotations aux amortissements et provisions (681) viennent après l’EBE. Seules les charges de personnel, les impôts et taxes et les consommations le diminuent.
- Mettre la rémunération du dirigeant hors de l’EBE. Dans une société, elle est dans les charges de personnel. Les banques et les repreneurs calculent parfois un EBE retraité d’une rémunération normale du dirigeant : c’est un autre chiffre, à nommer comme tel.
- Confondre EBE et EBITDA d’un contrat de prêt. Le covenant donne sa propre définition de l’EBITDA. C’est celle-là qu’il faut calculer, pas l’EBE de la plaquette.
- Lire un mois sans lissage. Une charge annuelle passée en une fois ou un stock non valorisé fait varier l’EBE mensuel de plusieurs points sans que l’activité ait changé.
Suivre l’EBE chaque mois, sans le recalculer
Ce calcul se refait à chaque clôture mensuelle. Un tableau de bord Power BI branché sur votre comptabilité recalcule la cascade des SIG automatiquement depuis la balance ou le FEC : EBE du mois, cumul de l’exercice, comparaison à N-1 et au budget, et le détail jusqu’à l’écriture. Le détail des indicateurs se trouve dans le guide Tableau de bord financier, et la connexion aux logiciels comptables dans Power BI pour la comptabilité.
Questions fréquentes
Comment calculer l’EBE ?
EBE = valeur ajoutée + subventions d’exploitation (74) − impôts et taxes (63) − charges de personnel (64). À partir du chiffre d’affaires : chiffre d’affaires − achats consommés − autres achats et charges externes + production stockée et immobilisée + subventions − impôts et taxes − charges de personnel. Exemple : 430 k€ de valeur ajoutée, 5 k€ de subventions, 15 k€ d’impôts et taxes et 300 k€ de charges de personnel donnent un EBE de 120 k€.
Quelle est la différence entre l’EBE et le résultat d’exploitation ?
Le résultat d’exploitation part de l’EBE, ajoute les reprises sur amortissements et provisions (781) et les autres produits de gestion courante (75), puis retire les dotations aux amortissements et provisions (681) et les autres charges de gestion courante (65). L’EBE mesure ce que l’exploitation dégage avant le coût de l’outil de production, le résultat d’exploitation après.
Quelle différence entre EBE et EBITDA ?
L’EBE est un solde défini par le plan comptable français. L’EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization) n’a pas de définition comptable officielle en France. On l’approche le plus souvent par le résultat d’exploitation + dotations aux amortissements et provisions − reprises, ce qui revient à l’EBE + autres produits de gestion courante (75) − autres charges de gestion courante (65). Dans l’exemple de cette page : 120 k€ d’EBE, 119 k€ d’EBITDA.
Comment savoir si mon EBE est bon ?
D’abord en le comparant à vous-même : mois par mois et à la même période de l’an dernier. Ensuite en le rapportant à la valeur ajoutée (le taux de marge) et en comparant ce taux à celui de votre secteur publié par l’INSEE : en 2023, la moitié des PME employeuses avaient un taux de marge d’au moins 16,6 %. Enfin, l’EBE doit couvrir les investissements de renouvellement, les remboursements d’emprunts et l’impôt.
Où trouver l’EBE ?
Ni au bilan, ni dans le compte de résultat, qui ne présente pas de soldes intermédiaires. Il figure dans le tableau des soldes intermédiaires de gestion que l’expert-comptable joint en général à la plaquette des comptes annuels. En cours d’année, on le calcule soi-même à partir de la balance : c’est ce que fait le calculateur de cette page.
Quels sont les soldes intermédiaires de gestion ?
Dans l’ordre : marge commerciale, production de l’exercice, valeur ajoutée, excédent brut d’exploitation, résultat d’exploitation, résultat courant avant impôts, résultat exceptionnel et résultat net. On y ajoute souvent les plus ou moins-values de cession d’éléments d’actif (produit de cession − valeur comptable de l’actif cédé).
Quelle différence entre le compte de résultat et les SIG ?
Le compte de résultat liste les produits et les charges par nature et donne trois résultats : exploitation, financier, exceptionnel. Les SIG reprennent les mêmes chiffres en cascade pour faire apparaître, étape par étape, d’où vient le résultat : marge, valeur ajoutée, EBE. Aucun chiffre nouveau, un autre ordre de lecture.
Un EBE négatif est-il grave ?
Oui, s’il dure : l’exploitation consomme alors de la trésorerie avant même de payer les investissements et les intérêts. Un mois isolé négatif peut venir d’un décalage (stock non valorisé, charge annuelle passée en une fois, factures de ventes en retard). Un EBE négatif sur plusieurs mois appelle une action sur la marge, les prix ou la masse salariale.
Autres calculateurs gratuits : BFR, DSO et DPO, seuil de rentabilité et TRS.
